Agglo

Résumés activités semex

“ Pratiques artistiques contemporaines à l’intérieur et à l’extérieur du web : postures transversales et hybridations ”, Laboratoire “ semex ” : C. E. R. A. P. / AGGLO
- Contrat de recherche, Direction des Arts Plastiques, Ministère de la Culture, 2003 - 2005.

Résumés

Visées du labo : Le laboratoire semex du dispositif agglo vise à expérimenter et à analyser des postures artistiques transversales dans et hors réseau. Deux postures transversales aux pratiques artistiques contemporaines ont été envisagées et analysées : « l’activation » et « l’équivalence émission / réception ». On expérimente certaines réalisations susceptibles de se développer à la fois sur le web et en dehors de celui-ci (interventions artistiques sans médiations dites“ furtives ”, expositions, sites web) sous la forme de pratiques qualifiées d’“ hybrides”. Si “ l’activation ” et “ l’équivalence émission / réception ” impliquent une “ dissémination ” de l’échange, cette dissémination est-elle susceptible de s’opposer à la conception d’une pratique artistique comme pratique “ singulière ” ?

termes clés : équivalence émission / réception, activation, hybridation, dissémination, singularité.

Analyse : « La cérémonie-éclair » La première réalisation du labo semex est une analyse des « foules-éclair » (« Flash mob »). Elle a été publiée initialement dans la revue Archée en janvier 2004. Les questions initiales du labo (activation, hybridation et singularité) et certains éléments documentés et discutés sur le labo transactive d’agglo en constituent les points de départ. Les questions du rite et de la cérémonie relatives aux foules-éclair sont abordées en les reliant à une approche des « invariants de la techno-utopie du réseau » (Musso, 2003). Les notions de « corps-réseau », « corps-miroir » et « corps-multiple » sont développées pour déboucher sur les rapports entre activation, hybridation et singularité. Une esquisse de la notion de la singularité est esquissée et s’appuie notamment sur deux textes de Félix Guattari.

Expérimentation : « Tea pavillon » « Tea pavillon » est une expérimentation d’interconnexion en ligne de deux espaces architecturaux situés à distance. Deux constructions semblables d’un pavillon de thé sont réalisées dans deux lieux éloignés (France / Corée, Paris / Séoul). Deux caméras web (Paris) sont interconnectées avec deux vidéoprojecteurs (Séoul). De façon symétrique, deux caméras web (Séoul) sont interconnectées avec deux vidéoprojecteurs (Paris). Les images vidéo calées à l’échelle des murs et du sol donnent l’illusion de prolonger et de doubler l’espace « réel » existant. En pénétrant les images projetées, le visiteur (l’invité) franchit virtuellement l’espace situé à distance. La « rencontre » intervient lorsque deux visiteurs éloignés sont mis en présence. Lors d’une rencontre exceptionnelle (sur invitation), la « cérémonie » intervient : un thé est alors élaboré, offert et bu à distance. Une première expérimentation de Tea pavillon entre Paris et Séoul a été réalisée en septembre 2004.

« La recherche en art » En parallèle au projet du labo, semex a tenté une réflexion sur la recherche en art. Cette réflexion propose en conclusion six points pour la recherche en art :

I - Ce sont les « oeuvres » ou le travail artistique qui constituent la recherche en art. (On ne peut de toute évidence réduire la recherche en art aux « travaux préparatoires ou environnementaux »). II - La connaissance développée par la recherche en art n’est pas une connaissance d’ordre explicative mais une connaissance d’ordre pragmatique, autrement dit elle vise avant tout une action sur le monde. III - La recherche en art dépend des modèles artistiques utilisés et l’art en réseau bouscule les modèles de la recherche en art en faisant transiter un modèle individuel de la recherche à un modèle collaboratif. Elle rejoint par là une des caractéristiques de la recherche en science dans laquelle la validation par les pairs est primordiale. IV - Il y a une différence significative entre la recherche en art et la recherche sur l’art mais aussi une interaction entre les deux. Celle-ci peut s’exprimer en disant qu’il s’agit d’une recherche de l’art (en réduisant ainsi une compréhension « galvaudée » de la recherche en art). Enfin, Si la recherche en art implique naturellement la recherche sur l’art, la réciproque n’est plus que circonstancielle. V - Les différences entre la recherche en art et la recherche en science tiennent à la volonté d’explication, à celle de la vérification, à l’ambition d’exhaustivité et surtout à la possibilité d’une invalidation. Elles ne tiennent ni à la découverte d’une réalité à travers des obstacles, ni à l’opposition entre l’individuel et le collectif et encore moins à l’opposition entre recherche et création. VI - Au contraire, les points communs à la recherche en art et en science tiennent à 5 points qui permettent d’envisager la recherche en art comme une recherche à part entière et qui sont les suivants : 1) la définition d’un champ opératoire, 2) l’expérimentation d’un champ, 3) la découverte, 4) la communication et socialisation, 5) la redéfinition du champ.


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